What's on in Paris in Winter 2008
L'église de la Madeleine
D'autres promenades à Paris
Perspectives depuis les Champs-Elysees, Montmartre, La rive gauche, Le centre de la vieille ville, Montparnasse et le 14ème arrondissement
Le

Musée

du

Louvre

Paris : Les Meilleures Promenades
Le Paris du Second Empire
La Rue de Rivoli, La Madeleine, l'Opéra, Le Palais-Royal
(Environ 4 km)

En partie en raison du court exil de Louis Napoléon en Angleterre, quand il est revenu à Paris en 1848 en tant que dirigeant autoritaire de la Seconde République et plus tard en tant qu’empereur, il a mis en place des projets très importants pour moderniser la ville et la rendre digne d’un empereur, avec beaucoup d’arbres et de places ainsi que de grands boulevards. Il n’était pas aussi mégalomane que son oncle, mais il voyait tout de même Paris comme capitale de l’Europe.
Le second Empire était une période de développement économique rapide marquée par le libéralisme qui a encouragé la naissance de nouveaux mouvements dans le domaine des arts et des sciences, et le bouleversement le plus profond dans l’histoire de l’urbanisme. Le nom qui lui était le plus souvent associé était celui du nouveau préfet de la Seine (administrateur de 1853 à 1870), le baron George Eugène Haussmann. Il était un homme d’une énergie rare qui était prêt à tout pour réaliser les rêves de l’empereur, ainsi que les caprices d’Eugénie, la femme de l’empereur (surtout à partir de 1865 quand elle a commencé à assumer de plus en plus de responsabilités parce que Louis souffrait d’accès chroniques de néphrite).
La ville de Paris était à l’époque quasi-médiévale du point de vue de son agencement incohérent pour la circulation des véhicules et des égouts à ciel ouvert qui conta-minaient l’eau potable. De plus, après les insurrections de 1830, 1848 et 1851/2 (sans parler des insurrections de Louis Napoléon lui-même en 1836 et 1840), il est clairement apparu que les rues étroites pouvaient être trop aisément barricadées et elles étaient donc perçues comme une menace à la sécurité. L’empereur avait mis en place un plan par phases très audacieuses, comme la percée d’un axe allant d’est en ouest (la rue de Rivoli) et d’un autre du nord au sud (boulevard de Sébastopol et boulevard Saint-Michel). En 1860 il a trouvé un moyen de doubler la taille de la ville en annexant onze villages voisins (tels que Batignolles, Belleville, Bercy, Grenelle, La Villette, Montmartre, Passy, Vaugirard, etc.) à ajouter aux 12 arrondissements existants.
Haussmann a transformé l’avenue baroque traditionnelle bordée d’arbres en de larges rues interminables avec des rangées de maisons identiques derrière les arbres de chaque côté. Mis à part le quartier de l'Etoile et le haut des Champs Elysées qui étaient terrains vierges, Haussmann a dû s’affirmer et foncer tel un bulldozer afin d’apporter ces transformations à la ville, en faisant disparaître non seulement des quartiers entiers, expropriant des gens par milliers, mais aussi en détruisant des bâtiments historiques, comme une grande partie des arènes de Lutèce afin de faire de la place pour la rue Monge. Pour tous les nouveaux bâtiments, il a donné des directives strictes aux architectes pour obtenir une esthétique bourgeoise uniforme, et en conséquence les victimes les plus pauvres de l’expropriation ont dû aller s’installer dans les bidonvilles hors de la capitale. Il s’est donc attiré de nombreux détracteurs, qui l’ont surnommé " Haussmann Pacha ", le " Louis XIV municipal ", ou encore " Attila de l’expropriation ". Mais il a également apporté des améliorations importantes au système sanitaire de la ville (des réseaux séparés pour l’eau potable et les égouts) ainsi qu’un marché moderne (les Halles, construites par Baltard et surnommées " ventre de paris ", remplacé maintenant par un jardin comprenant un centre commercial). Et bien que l’on puisse avancer l’argument que c’est uniquement par hasard que les larges boulevards de Haussmann sont devenus plus tard une aubaine pour la circulation des véhicules, sa métamorphose de la ville améliorait également le réseau ferroviaire, y compris la " Petite Ceinture " (une ligne qui encercle la ville) ouverte aux passagers en 1862, mais laissée à l’abandon depuis 1934 quand un service de bus du même nom a commencé à décrire le même trajet.
Aujourd’hui encore il n’existe pas de consensus sur le tandem Napoléon III-Haussmann. Certains pensent que Haussmann était un grand urbaniste et que c’est à lui que l’on doit la beauté de Paris aujourd’hui, tandis que d’autres considèrent qu’il a défiguré la ville en en détruisant de grandes parties et en imposant systématiquement des perspectives rectilignes. Toutefois, les deux clans sont d’accord pour affirmer que c’est probablement tout aussi bien que cette transformation massive se soit arrêtée quand elle s’est arrêtée, laissant aux vues dégagées suffisamment de romance et de poésie à révéler.
Le Louvre est un bon point de départ pour plusieurs promenades dans le Paris " royal ". Nous vous suggérons ici de prendre la rue de Rivoli en direction du nord et à l’ouest du Louvre, parallèlement au jardin des Tuileries afin de découvrir un des plus célèbres — mais relativement récent — passages sous arcades du monde. Cette partie de la rue de Rivoli, construite sous Napoléon Ier et Napoléon III (avec l’aide de leur préfet respectif, le comte Rambuteau et le baron Haussmann) et composée de façades strictement identiques jusqu’à la place de la Concorde, est l’une des réalisations architecturales les plus harmonieuses de la période. La même approche de l’harmonie a été appliquée aux rues adjacentes, comme la place des Pyramides avec son imposante statue équestre de Jeanne d’Arc (l’héroïne charismatique âgée de 17 ans qui a fait lever le siège d’Orléans pendant la guerre de Cent Ans, et a ainsi renforcé la monarchie française en provoquant le couronnement de Charles VII, mais elle a enduré un an d’investigation et de torture avant d’être brûlée vive à Rouen en 1431, jugée coupable de sorcellerie).
La rue de Castiglione un peu plus loin nous mène à la très élégante place Vendôme avec ses célèbres joailleries et le Ritz (récemment mis sous le feu des projecteurs grâce à la Princesse Diana, mais aussi plausiblement libéré par Ernest Hemingway en 1944, dont un petit bar de la rue Cambon porte le nom). Consruit en 1609, c'est une place très formelle, un rectangle parfaitement symétrique qui illustre l'équilibre statique du concept baroque de l'espace, au centre duquel se dresse une colonne. La colonne Vendôme (sans doute inspirée de la colonne de Trajan à Rome puisque décorée d’une frise spiroïdale en bas-relief représentant les nombreuses victoires de la Grande Armée) a été fabriquée en 1810 à partir de 1200 canons fondus, soustraits aux Russes et Autrichiens à Austerlitz cinq ans auparavant. La colonne remplace une ancienne statue équestre de Louis XIV qui a été démolie pendant la Révolution lorsque l'ancienne place Louis-le-Grand était renommée Place des Piques, mais cette colonne (ou plutôt la statue au sommet) a été à son tour détruite par les communards (Courbet en a été tenu responsable) et a été reconstruite en 1873, cette fois avec l’actuelle statue de Napoléon en tant qu’empereur romain.
Plutôt que de continuer dans la rue de Rivoli, vous aimeriez peut-être suivre la rue Saint Honoré qui la longe, surtout si vous vous intéressez plus à la mode qu’aux librairies et aux marchands de souvenirs ; de plus on a déjà parlé en détail de la place de la Concorde dans la promenade " Perspectives depuis les Champs-Élysées ". Plus vous vous rapprochez de la rue Royale, plus les magasins sont élégants, et si vous aimez les magasins vraiment chics, alors rejoignez le faubourg Saint-Honoré et continuez jusqu’au palais de l’Élysée (numéro 55). Ce palais a été acheté par Madame de Pompadour en 1753, qui l’a transformé en un superbe hôtel particulier que nous pouvons admirer maintenant, mais n’espérez pas passer au-delà des gardes pour voir ce qui est depuis 1871 la résidence officielle du président de la République. Vous pouvez ensuite rebrousser chemin dans le faubourg Saint-Honoré (les deux côtés de la rue méritent à être vus) et tournez dans la rue Royale en direction de la Madeleine. Cette église a été dessinée par l’architecte Vignon pour l’empereur Napoléon en 1808, mais il n’a pu la terminer avant que Napoléon ne perde tout intérêt, et elle n’a été achevée qu’en 1842. Bien que les connaisseurs en art diraient qu’elle a été construite dans le style grec (avec ses 52 colonnes corinthiennes), Napoléon voulait que l’église de la Madeleine soit une sorte de temple romain, dédiée à la gloire de sa Grande Armée. Elle est non seulement imposante vue de l’extérieur (grâce à l’emplacement spacieux qu’elle occupe et son podium surélevé par de larges marches), mais l’intérieur est tout aussi impressionnant avec une nef de 80 mètres illuminée par trois coupoles.
C’est un quartier très en vogue, non seulement pour ses vêtements, mais aussi pour la nourriture — on peut y trouver quelques unes des meilleures boucheries, charcuteries, boulangeries et pâtisseries de la ville, ainsi que des spécialistes du vin.
Après la place de la Madeleine, suivez le boulevard de la Madeleine et le boulevard des Capucines jusqu’à la place de l’Opéra, et s’ouvre à vous une autre magnifique perspective de Haussmann, l’avenue de l’Opéra. Le palais Garnier (qui tient son nom de son architecte, comme tant de palais parisiens) abrite le célèbre Opéra de Paris (bien que la plupart des représentations aient lieu à l’Opéra de Paris Bastille, le palais Garnier est lui principalement consacré aux ballets). C’est d’ici que provient le thème du livre de Gaston Leroux, Le Fantôme de l’Opéra (publié en 1911, mais rendu célèbre par un film hollywoodien et par Andrew Lloyd Webber et le succès foudroyant de sa comédie musicale du même nom). Et bien que l’existence du fantôme soit toujours hypothétique, il est vrai qu’il existe un dédale de caves sous le bâtiment qui étaient utilisées comme prison pendant la guerre franco-prusse et la Commune. En réalité, une rivière coule là où les fondations devaient être posées en 1861, en conséquence une grande voûte a dû être construite pour soutenir l’édifice. Et bien que la construction ait débuté durant le second Empire, et suspendue pendant les troubles de 1870-71, le bâtiment a établi un nouveau style néo-baroque quand il a été achevé en 1874. Ce chef-d’oeuvre exprime plus que tout autre édifice de la période — à part peut-être le casino de Monte Carlo du même architecte et la salle du trône du palais du Luxembourg, un autre chef-d’oeuvre du second Empire — le luxe somptueux à l’apogée du second Empire. Si vous trouvez la façade superbe, alors regardez à l’intérieur la richesse polychrome du foyer et du grand escalier, avec le lustre doré qui domine. Et si vous avez la chance de voir un spectacle dans l’auditorium, ne manquez pas d’admirer le plafond, où l’on trouve une oeuvre mature de Marc Chagall, ainsi que le tristement célèbre lustre responsable d’un malheureux incident en 1896. L’espace juste derrière l’Opéra mérite aussi d’être vu ; une courte marche dans la rue Halévy vous mène au boulevard portant le nom du maître lui-même, Haussmann. D’ici vous pouvez avoir un aperçu des rangées de maisons identiques, toutes construites en pierres de taille avec des toits en ardoise ou en zinc avec " cinq étages, hautes de 20 mètres et surmontées d’un étage mansardé avec des combles " (une formule encore très appréciée de nos jours) et 103 000 maisons ont été construites sur ce modèle pendant les 17 années de son mandat. C’est aussi le quartier des grands magasins dans le 9ème arrondissement, et à moins que vous ne désiriez voir les alentours de la place Saint-Georges, célèbre pour ses musiciens pendant les années 1830 et 1840, dont George Sand, Chopin, Franz Liszt, Rossini et Berlioz mais aussi Alexandre Dumas (fils) et Delacroix, vous devriez résister à la tentation de faire les magasins et aller plutôt vers le sud dans la rue Chaussée d’Antin. Pour revenir à l’avenue de l’Opéra, traversez le boulevard des Italiens et suivez la rue Louis Le Grand.
Si vous descendez l’avenue de l’Opéra en direction du Palais Royal, n’hésitez pas à regarder derrière vous de temps en temps afin d’admirer la silhouette de l’Opéra en haut de l’avenue, de mieux apprécier la quintessence de l’atmosphère créée par Haussmann et de sentir la vie qui palpite au coeur de la cité... mais sans arbres. Si vous vous demandez pourquoi il n’y a pas d’arbres au bord de cette avenue, c’est probablement parce que Garnier, l’architecte de l’Opéra, y était opposé. De plus, l’avenue n’était pas encore terminée lorsque Napoléon III a perdu le combat à Sedan (l’équivalent du Waterloo de son oncle) pendant la guerre franco-allemande de 1870, et Haussmann a été évincé par la Commune et la IIIe République. Si vous avez envie d’un verre ou d’un repas loin de l’agitation de la grande avenue, prenez la rue Casanova à un petit pâté de maison de là et détendez-vous sur la nouvelle place du Marché Saint-Honoré.
En bas de l’avenue de l’Opéra se dresse le Palais Royal ; il n’est pas très visible, caché derrière la Comédie Française (de Molière bien sûr) à l’intersection avec la rue Saint-Honoré. Aujourd’hui il reste peu du palais d’origine que le Cardinal de Richelieu a fait construire vers 1639. Louis XIV y a vécu dans sa jeunesse, et le théâtre de Molière a été créé en 1661, puis Anne d’Autriche y a emménagé et l’a rebaptisé le Palais Royal. Plus tard, Philippe le Duc d’Orléans (connu aussi sous le nom de Philippe Égalité) a décidé d’y apporter des modifications pour augmenter ses revenus et éponger ses dettes, et a fait rajouter les bâtiments qui se trouvent sur trois côtés du jardin. Les arcades et jardins à la française avec une fontaine centrale ont été conservés à l’identique depuis 1784 (malgré l'incendie du palais pendant la Commune et l'addition d'une arcade en fer et verre sur la nouvelle cour de devant entre 1829 et 1935). Toutefois la cour entre le jardin et le palais est maintenant décorée d’un étalage hétéroclite de colonnes rayées noires et blanches de différentes hauteurs, oeuvre signée Daniel Buren et réalisée en 1985-86. Pour finir cette promenade en beauté, vous pouvez accéder à la galerie qui entoure le jardin à partir de la rue de Montpensier et la rue de Valois et découvrir les objets d’art et de luxe français, ainsi que quelques restaurants célèbres dans une atmosphère authentique du XVIIIe siècle.




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