Le centre de la vieille ville
Notre Dame, Le Palais de Justice, La Conciergerie, l'Hotel de Ville, La Place des Vosges, La Bastille, l'Ile Saint-Louis
(Environ 4.5 km)
L’île de la Cité est un bon point de départ pour beaucoup de promenades dans le centre historique de Paris, notamment parce que la ville est née sur cette île quand elle a été créée par la tribu des Parisii, et est devenue plus tard la Lutèce gallo-romaine.
Construite sur le site d’une vieille église mérovingienne, la cathédrale Notre-Dame est un grand monument célèbre pour son histoire et son architecture. La construction de la cathédrale a débuté en 1163 grâce à la détermination de Maurice de Sully, évêque de Paris et régent pendant que Louis VII combattait dans la deuxième croisade ; le Pape Alexandre III en a posé la première pierre. La construction était achevée pour l’essentiel 90 ans plus tard, mais pas complètement avant environ 1340, et les flèches des tours ouest n’ont jamais été réalisées comme prévu (probablement dans le style de Notre-Dame de Senlis, commencée dix ans plus tôt). Le style est purement gothique, style inventé tout près à Saint-Denis avec le chur de l’abbaye (maintenant célèbre pour sa dépouille du jeune Louis XVII). Toutefois, le contraste entre ces deux édifices, séparés pourtant de seulement vingt ans, est vraiment saisissant ; à Saint Denis le style est en transition entre le roman et le gothique, tandis que Notre-Dame de Paris est la première conception entièrement gothique, atteignant de nouvelles hauteurs en harmonie avec la structure et l’esthétique, en particulier avec l’élégance des arcs-boutants qui permettent à plus de lumière de rentrer et au toit d’être le plus haut jamais construit à l’époque (la voûte de la nef atteint 33 mètres environ). Sa vaste façade ouest est un exemple des plus beaux et des plus typiques du gothique français : un mélange de splendeur et d’élégance qui a servi plus tard de modèle pour bien d’autres églises partout en France. Le plan géométral était lui aussi novateur, avec un transept presque central devenu un centre d’équilibre visuel. L’église d’origine ne comptait pas de chapelles rayonnantes ; celles-ci ont été rajoutées entre les arcs-boutants inférieurs entre 1296 et 1325. Pendant et après la Révolution, la cathédrale a beaucoup souffert jusqu’à ce que Viollet-le-Duc n’en débute une restauration minutieuse en 1845 (et aussi des modifications, comme la flèche centrale érigée à l’intersection de la nef et des transepts, ainsi que les gargouilles) pour la mettre en l’état où nous la connaissons aujourd’hui.
Notre-Dame a été étroitement liée aux événements et cérémonies importants de Paris, et même de France, comme des couronnements et des mariages. Le jeune roi d’Angleterre Henri VI a été couronné roi de France ici en 1430. Napoléon y a été proclamé empereur en 1804, et le 26 août 1944 le général de Gaulle a réchappé à une première tentative d’assassinat pendant une célébration religieuse commémorant la libération de Paris.
La plupart des gens commencent leur visite à la façade ouest, où ils peuvent admirer la rosace ainsi que des sculptures médiévales autour des trois portails en se reculant sur le parvis (qui était encombré de bâtiments et de rues étroites pendant le Moyen age jusqu’à ce que le baron Haussmann n’entre en scène, mais le rehaussement du niveau du sol a entraîné l’élimination des marches devant la cathédrale). Beaucoup de gens font parfois la queue à gauche de la façade pour monter au sommet des tours d’où ils peuvent avoir une vue magnifique de Paris et admirer les gargouilles datant du XIXe siècle. D’autres, intéressés par l’archéologie et l’histoire de la vieille ville, (de 1 av. J.-C. au Moyen age) peuvent visiter la crypte située sous le parvis.
Pour obtenir la plus belle vue de la cathédrale, traversez le pont au Double pour vous rendre sur la rive gauche et marchez le long des quais bordés de petites librairies en plein air (quai de Montebello) jusqu’au pont de l’Archevêché, ou bien marchez dans le jardin derrière la cathédrale jusqu’au même pont, ou même jusqu’au bord de la Seine sous le Quai Montebello ou le Quai de la Tournelle, et vous pourrez voir la façade sud-est de la cathédrale qui a donné lieu à tant de cartes postales et de films, sans parler des uvres artistiques qui sont souvent en cours de réalisation ou en vente à cet endroit.
De retour sur le parvis, vous pouvez vous promener dans la rue de la Cité et prendre à gauche la rue de Lutèce pour voir le Palais de justice sur le Boulevard du Palais. Ce bâtiment, construit sur le site probable d'un palais des gouverneurs romains et où les anciens rois de France vivaient autrefois (les Rois Mérovingiens, Carolingiens et Capétiens, et en fait jusqu’à Charles V, malgré la construction du Louvre, qui n'était qu'une forteresse dans le mur défensive à l'époque). Aujourd'hui il abrite des tribunaux, mais aussi une église très intéressante, la Sainte-Chapelle. Cette église collégiale a été construite juste après Notre-Dame afin d'abriter des reliques rassemblés par Louis IX, et elle est célèbre pour les vitraux de sa nef et sa rosace ainsi que sa chapelle basse finement décorée.
En continuant le long du boulevard en direction du nord, à l’angle du quai de l’Horloge, vous pouvez voir la plus ancienne horloge de Paris (installée par Charles V en 1370 et qui a toujours fonctionné jusqu’à sa mutilation pendant la Révolution). Passez l’angle de la rue et vous arrivez à la Conciergerie, palais bâti sur un ancien site romain de 987. Elle a servi de tribunal et de baraquement des gens d'armes jusqu’à 1400, date à laquelle tout le rez-de-chaussée est devenu une prison, en particulier pendant la Révolution, où plus de 2700 personnes y étaient emprisonnées en attendant leur exécution, et notamment Marie-Antoinette, Danton et Robespierre.
Vous pouvez ensuite continuer le long du quai de l’Horloge ou traverser la superbe place Dauphine jusqu’au célèbre Pont-Neuf (qui est pourtant maintenant l’un des plus anciens ponts de Paris, construit sous les règnes de Henri III et Henri IV, et achevé en 1609). Il se distingue des autres ponts par l’introduction de trottoirs et aussi la disparition des constructions sur le pont pour la première fois à Paris (le Roi ne voulez pas qu'elles gâchent sa vue du Louvre). Il est constitué de deux ponts qui se rencontrent au milieu en une petite place, la place du Pont-Neuf où se dresse une statue équestre de Henri IV (nommée Vert Galant). Cette place a été raccordée au reste de l’île de la Cité au moyen d’un remblai à la même période où le pont a été achevé (fin du XVIe siècle). Quelques marches nous mènent de cette place à un petit parc triangulaire qui marque l’extrémité ouest de l’île et qui indique le niveau général de l’île avant qu’il ne soit surélevé de 7 mètres. Le niveau a été relevé pour éviter les inondations occasionnelles, mais ceci a entraîné l’élimination des marches qui montaient jusqu’à Notre-Dame et qui avaient pour effet de la rendre encore plus impressionnante.
Vous pouvez traverser le Pont-Neuf pour vous rendre sur la rive droite ou, mieux encore, rejoindre la rive gauche et suivre la berge jusqu’à la passerelle des Arts. La passerelle offre un beau point de vue de l’Institut de France, du Louvre, du fleuve et de l’île de la Cité. Puis vous pouvez marcher le long du quai de la Mégisserie bordé de stands jusqu’à la place du Châtelet. Lorsque vous arrivez au pont au Change, tournez vous vers le fleuve et vous obtenez une vue magnifique de l’extrémité de l’île de la Cité, du Pont-Neuf, du pont des Arts, ainsi que de la berge de la rive droite (la voie George Pompidou) qui est envahie le dimanche de cyclistes et d'adeptes du roller. En regardant vers le nord au-delà de la place du Châtelet à partir de l’extrémité du pont au Change, vous faites face à une autre célèbre perspective de Haussmann jusqu’au boulevard de Sébastopol. À gauche de cette place se dresse le théâtre de Châtelet et à droite le théâtre de la Ville. Et juste derrière ce dernier, dans l’avenue Victoria, s’élève la tour Saint-Jacques, vestige de l’église la plus importante de Paris au XIIe siècle (le point de départ des pèlerins pour Saint-Jacques-de-Compostelle) et qui a été détruite pendant la Révolution (elle se situe tout près de la rue Saint-Martin, qui suit ce qui était auparavant l’axe principal nord-sud de l’ancienne Lutèce à côté du 'châtelet', ou barbacane, qui gardait le pont).
Un peu plus loin dans l’avenue Victoria vous verrez une grande place et le bâtiment imposant de l’Hôtel de Ville. Cette place, autrefois connu sous le nom de 'place de Grève', s’est toujours trouvée au cur des thèmes de la vie et de la mort à Paris. Elle se trouvait autrefois à côté de la grève sur la berge nord de la Seine où l’on débarquait des chargements de produits destinés à la ville, et cet endroit attirait des travailleurs au chômage tout comme des foules de spectateurs pour les exécutions publiques (la guillotine a été inaugurée ici en 1792). L’Hôtel de Ville d’origine, de style Renaissance pur, a été incendié pendant l’insurrection des communards en 1871 (tout comme le palais des Tuileries, symbole de l’impopulaire régime de Napoléon III, mais aussi parce qu’il s’agissait du palais de Haussmann). Toutefois, il a été reconstruit en 1883, et le bâtiment actuel, qui devrait normalement être inspiré du même style romantique de la Renaissance, revêt un style moins pur et beaucoup de riches détails néoclassiques y ont été rajoutés.
Derrière l’Hôtel de Ville, on trouve la place et l’église Saint-Gervais-Saint-Protais, cette dernière construite sur le site d’une basilique du VIe siècle sur une période de deux siècles, comme le prouve la différence de style entre la façade néoclassique (la première fois que l'on emploi ce style sur une église), la nef gothique et les magnifiques vitraux de la Renaissance. Derrière l’église on peut obtenir une vue ravissante à partir des marches de la rue des Barres. Vous êtes maintenant dans le quartier connu sous le nom du Marais où vous pouvez admirer de nombreux hôtels (à ne pas confondre avec les lieux où séjournent les touristes ; on peut les comparer à des résidences aristocratiques chics ou bien à des hôtels particuliers datant entre le XVe et le XVIIe siècle, c’est-à-dire avant le déménagement de la haute bourgeoisie à Saint-Germain-des-Prés et Versailles). Prenez la rue François Miron et stoppez devant le numéro 68 afin d’admirer l’hôtel de Beauvais, construit pour la baronne de Beauvais en 1655. Traversez la rue de Rivoli, puis longez la rue Pavée jusqu’au numéro 24, où vous trouverez l’hôtel Lamoignon construit en 1548. En avançant de deux petits pâtés de maisons dans la rue de Rivoli, tournez rue de Sévigné où vous trouverez au numéro 23 le plus ancien mais aussi le plus célèbre de tous les hôtels du Marais : l’hôtel Carnavalet, construit au XVIe siècle et rénové au XVIIe siècle et qui est maintenant le musée de l’Histoire de Paris où il y a tant de choses à admirer, des pirogues néolithiques datant d'il y a 4 000 à 6 000 ans, de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (inspirée par les théories de Rousseau et de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis juste un mois après la prise de la Bastille en 1789), aux clés originales de la Bastille, et même l’encrier de Rousseau. Dans le mur d'enceinte sud de l'hôtel Carnavalet, sur la rue des Francs Bourgeois, se trouve un portail intéressant appelé 'Arc de Nazareth'. Il se trouvait autrefois sur l'Ile de la Cité a proximité du Palais de Justice, mais il a été transféré ici au XIXe siècle plutôt que d'être détruit lors des travaux de reconstruction suite aux émeutes de la Commune.
Ici la rue de Rivoli devient la rue Saint-Antoine, que vous pouvez suivre jusqu’au numéro 62 pour voir l’hôtel de Sully (construit par l’architecte Jean Androuet de Cerceau en 1624, acheté en 1634 par l’ancien ministre de Henri IV, et bien restauré depuis).
Un peu plus loin dans la rue Saint-Antoine, se trouve la rue de Birague qui mène à la fameuse place des Vosges. Cette place a été construite sur le site de l’ancien Hôtel Royal des Tournelles, démoli en 1559 après le tournoi fatal où Henri II a été tué. Elle ne semble pas avoir beaucoup changé depuis 1612, date où elle a été inaugurée 'place Royale' par Henri IV. Il l'a conçu avec des maisons uniformes sur les quatre façades, chacune utilisant la brique rose à chaînage de pierre blanche sur deux étages de haut, reposant sur des arcades, sauf pour les pavillons d'un étage de plus qui se détachent au milieu de chaque coté, dont le 'pavillon du Roi' au milieu du coté sud et le 'pavillon de la Reine' en face. La stricte régularité et l’unité architecturale de la place Royale (appelée place des Vosges à partir de 1800) étaient nouveaux pour le Paris de l’époque, et cette harmonie a clairement servi de modèle dans les années 1780 pour les galeries qui se trouvent derrière le Palais-Royal, et a peut être aussi inspiré Haussmann pendant la deuxième moitié du XIXe siècle. Bien que ni le roi ni la reine n'aient jamais vécu ici, la place était presque toujours populaire parmi les bourgeois, et au numéro 6 se trouve le musée Victor Hugo, lui-même résident de 1832-1848. Vu son caractère aristocratique, la place était également un endroit idéal pour les duels, bien après leur interdiction en 1547. On peut admirer une statue équestre en marbre blanc de Louis XIII parmi les arbres au milieu de la place, mais il s’agit d’une copie datant de 1829 de la statue en bronze doré que Richelieu avait érigée en 1639 et qui a été démolie pendant la Révolution.
Il y a tant de lieux intéressants à aller voir dans le Marais, mais puisque vous êtes arrivés jusque là vous n’avez qu’à avancer dans la rue Saint-Antoine de deux autres petits pâtés de maisons et vous arriverez place de la Bastille. Tout le monde connaît l’histoire de la prise de la Bastille, la forteresse du 14e siècle qui ne détenait que sept prisonniers (dont quatre faussaires et deux fous), mais qui était un tel symbole de l’Ancien Régime que sa destruction a marqué le début de la Révolution de 1789. De plus, les pierres provenant de la forteresse ont été utilisées pour construire le pont de la Concorde pour que les gens puissent continuellement piétiner ce symbole méprisé de la monarchie destituée. Avec le recul nos savons que la Révolution était déclenché par la disette et des conditions économiques graves engendrées moins par l'extravagance de la famille royale que par plusieurs années mauvaises de récoltes de blé, les coûts incessants des guerres a l'étranger (en particulier, les dépenses pour la guerre d'indépendance américain) ainsi que le limogeage du populaire Directeur Général des Finances, Jacques Necker. Mais la perception générale était d'une extravagance à l'outrance de la famille royale, de la noblesse et du clergé aristocratique devant les souffrances de la majorité de la population, surtout après la supposé culpabilité de Marie Antoinette dans l' affaire du 'collier de diamants' de 1785-86. Aussi la place de la Bastille est restée un symbole de mouvement politique populaire, comme en témoigne la colonne de Juillet au milieu de la place commémorant le soulèvement de 1830 qui a obligé Charles X à abdiquer et qui a entraîné la mise en place d’une monarchie constitutionnelle avec Louis Philippe, duc d’Orléans, comme roi. Cette place est également le point de convergence de plusieurs avenues de Haussmann, l’une d’entre elles, le boulevard Henri IV, vous mènera à la deuxième île de la Seine : l’île Saint-Louis.
Composée de trois petites îles jusqu’au XVIe siècle, et de deux îlots séparés encore inexploités appartenant à la Cathédrale Notre Dame au début du XVIIe siècle, l’île Saint-Louis a été développé à partir de 1613 lorsque le Cardinal Richelieu donna le feu vert à l'ingénieur Christophe Marie pour joindre les deux îles et de les relier aux deux rives par un pont. Le pont Marie était couvert de maisons à ses débuts jusqu'à une inondation en 1658 qui emporta la moitié du pont et des ses maisons. La plupart des maisons et hôtels particuliers sur cet île datent du milieu du XVIIe siècle et bien qu'il y eût au début un certain nombre de maisons pour commerçants et artistes, il est maintenant un quartier résidentiel élégant. Cette île constitue une conclusion superbe à toute promenade, en prenant par exemple le quai d’Anjou et la rue des Deux Ponts. Les fans de tennis voudront peut être s’arrêter au numéro 54 de la rue principale Saint-Louis-en-l’Île pour voir un bâtiment nommé 'Jeu de Paume', à l’intérieur duquel l’ancêtre du tennis était joué jusqu’à la Révolution. Et au numéro 51 vous pouvez admirer une des plus belles façades ornementales de Paris (la porte et le balcon de l’hôtel Chenizot datent de 1726 environ). En continuant le long de la rue des Deux Ponts et en tournant à droite au quai d’Orléans, vous pouvez profiter d'une des vues les plus pittoresques de la ville en marchant en direction de l’île de la Cité, avec Notre-Dame devant vous, admirablement encadrée par les arbres du bord du fleuve.
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