What's on in Paris in Winter 2008

L'Avenue
des
Champs-
Elysées

La Place de la Concorde vue du jardin des Tuileries Paris : les meilleures promenades
D'autres promenades à Paris
La rive gauche, Montmartre, Le Paris du Second Empire, Le centre de la vieille ville, Montparnasse et le 14ème arrondissement
Perspectives depuis les Champs-Elysées

L'Etoile (Arc de Triomphe), Les Champs-Elysées, La Place de la Concorde, Les jardins des Tuileries, Le Louvre
(Environ 4 km)

Bien qu’elle ne suive pas la chronologie historique, cette promenade nous mène de l’Étoile au Louvre. Le point de départ pour la plus belle des promenades à Paris est le point de convergence des douze avenues de Haussmann à l’Arc de Triomphe, place Charles-de-Gaulle. Napoléon Ier a préféré un arc de style romain traditionnel à une pyramide pour honorer sa Grande Armée. Il a été achevé seulement sous le règne de Charles X (1836), mais depuis il a servi de symbole militaire, par exemple, en 1940 avec Hitler et en 1944 avec le général de Gaulle, et il est honoré aujourd’hui encore grâce à la présence de la symbolique tombe du Soldat inconnu, sa flamme qui y brûle continuellement et ses cérémonies du 14 juillet. Cela vaut la peine d’essayer de repérer un des groupes sculpturaux sur cette arche : il s’agit du Départ des Volontaires de 1792 (plus connu sous le nom de la Marseillaise) de François Rude. Cette œuvre est souvent citée comme l’une des rares sculptures qui pourraient égaler la peinture néoclassique de la période, et ce grâce à une inspiration romantique, venant probablement de Delacroix.
Du toit de cette arche (ouvert tous les jours de 10 heures à 17 heures) ou bien encore en vous postant en dessous (surtout n’essayez pas de traverser ce rond-point encombré par la circulation, mais utilisez plutôt le passage souterrain), le spectacle en vous tournant vers l’est est vraiment exceptionnel. Cette perspective illustre parfaitement le concept baroque de l'espace, avec une suggestion de l'infini par la vue ininterrompue aussi loin que l'on puisse voir, mais visible seulement d'une axe ou point de vue. C’est peut-être la plus impressionnante expérience visuelle qui soit réalisée par les hommes : une large avenue bordée d’arbres interrompue seulement par des fontaines, des monuments prestigieux et des palais lointains, tous témoins du déroulement agréable du temps pendant des centaines d’années.
La vue dans la direction opposée offre un contraste dans le style architectural, avec au loin des tours de style postmoderne, ne respectant plus la hauteur limite de 18 mètres en vigueur dans le centre de Paris, ni la limite de 37 mètres dans la périphérie, et où s’élève la Grande Arche de la Défense de Mitterrand. Plus loin vers le sud-ouest, vous apercevrez l’avenue Foch, connue auparavant sous le nom de avenue de l’Impératrice, que Haussmann voulait d’une largueur de plus de 120 mètres, trois fois plus que ce que l’architecte Hittorff avait suggéré. Cette avenue a été conçue pour permettre à l’impératrice Eugénie et ses amis de la haute société de se rendre en voiture en toute sécurité au tout nouveau bois de Boulogne.
Bien qu’imitée avec plus ou moins de succès dans les capitales du monde entier, l’avenue des Champs-Élysées est la référence. Et tous les touristes le savent, donc la question est : comment l’apprécier sans la présence gênante de toute cette foule ? Facile pour les Américains et Canadiens s’ils décident de rester à l’heure américain pour une journée supplémentaire : allez vous y promener après minuit. L’Arc de Triomphe et l’obélisque de la Concorde sont tous deux illuminés la nuit, c’est après tout la ville lumière ; et vous serez suffisamment en sécurité si vous restez sur la grande avenue, mais ne vous en éloignez pas trop. Venant d'une longitude plus à l'est vous pouvez venir très tôt le matin — le lever de soleil sur l'obelisk fait une belle photo. Sinon, allez-y plutôt le week-end que la semaine, mais évitez, si possible, les week-ends de vacances où vous serez en concurrence avec les promeneurs venant de toute la région parisienne et des pays voisins.
Même si l’on ne trouve plus de magasins une fois passé le rond-point, cela vaut tout de même la peine de continuer à descendre l’avenue bordée de multiples rangées d’ormes, car entre ce point et la place de la Concorde vous obtenez une impression plus fidèle de la splendeur des Champs-Élysées à leur origine. Cette avenue a été dessinée par Le Nôtre pour Louis XV ; elle a été nettement influencée par les jardins de Versailles qui lui ont aussi inspiré son nom (Elyseum étant la demeure des bienheureux après la mort dans la mythologie grecque). Vous pouvez continuer au-delà du Grand et du Petit Palais, tous les deux récemment rénovés pous leur centenaire (construits pour l’Exposition universelle de 1900 tout comme le Pont Alexandre III en face des Invalides et la gare d'Orsay) jusqu’à la place de la Concorde. Vous pouvez également découvrir l’avenue Matignon si vous êtes intéressés par les galeries d’art, ou bien l’avenue Montaigne si vous appréciez particulièrement la haute couture.
Si c’est l’histoire et les panoramas qui vous intéressent dans cette promenade, vous gagneriez à marcher jusqu’au milieu de la place de la Concorde (la plus grande place de Paris) pour pouvoir admirer une autre perspective parmi les plus célèbres de Paris lorsque vous verrez la rue Royale alignée avec le centre de la place et l’obélisque de Louxor. Les obélisques égyptiens nous rappellent la cupidité des puissances de l’Ouest depuis l’ère romaine. Cet obélisque en granite rose, le monument le plus ancien à Paris (réalisé à l’origine pour Ramsès II et Ramsès III à Louxor au XIIIe siècle av. J.-C.), n’est qu’un seul élément d’une paire d’obélisques offertes par le vice-roi d’Égypte à Louis Philippe (à la suite des expéditions françaises en Haute Égypte à partir de 1798 et qui ont mené à la redécouverte de la civilisation égyptienne antique). Il a été érigé là-bas en 1836 et a été redoré seulement récemment à l’occasion du nouveau millénaire. Il était destiné à être le point central de la ville de l’empereur Napoléon Ier ; et puisqu’il considérait Paris et l’Empire de France comme le successeur de Rome, il est inspiré du modèle romain. À partir d’ici, en plus de l’axe est-ouest des Champs-Élysées et des Tuileries, vous pouvez vous tourner vers le nord et vers le sud afin de trouver des monuments équivalents. La Madeleine, au nord, conçue comme un vaste temple romain corinthien à la gloire de l’armée de Napoléon Ier, est maintenant une église prisée malgré l’absence de clocher ou de vitraux. Et au sud, de l’autre côté de la place et du pont de la Concorde, se dresse le palais Bourbon, qui était censé devenir le capitole après l’ajout d’une façade monumentale à colonnade pour s’accorder avec la Madeleine et, ironiquement, malgré le nom royal Bourbon, c’est maintenant l’Assemblée nationale (le siège du parlement).
Il est difficile de se rendre compte à quel point cette place a évolué ; elle se trouvait en dehors des murs de la ville jusqu’à ce que ceux-ci soient remplacés par des boulevards sous le règne de Louis XIV, et elle était encore un terrain en friche jusqu’à 1750 environ. Au moment de la Révolution (la place s’appelait alors place de la Révolution qui a remplacé le nom de place Louis XV), la statue équestre de Louis XV datant de 1753 a été enlevée et remplacée par une statue en plâtre de 'Liberté', a côté de la guillotine (puis plus tard par l’obélisque). C’est ici que tant de têtes sont tombées ; plus de mille personnes y ont été décapitées en l'espace de 13 mois, de Louis XVI et Marie-Antoinette (plus connue comme "Madame déficit") en 1793/94. La guillotine a été transférée à la Place du Trône, rebaptisée 'Place du Trône renversé' (l'actuel Place de la Nation) avant la chute de Robespierre à cause du défilé incessant sur la rue Saint Honoré des charrettes de condamnés des 200 exécutions par semaine. La place est décorée de statues représentant les huit villes principales de France (Bordeaux, Nantes, Brest, Rouen, Lille, Strasbourg, Lyon et Marseille) ainsi que de deux fontaines et une célèbre statuaire représentant une scène de chevaux cabrés, les Chevaux de Marly. La grande roue qui avait fait partie du décor pour les festivités du millenium a été déplacée de l’entrée du jardin des Tuileries.
Le spectacle visuel continue lorsque vous entrez dans le jardin des Tuileries, baptisé ainsi à cause de sa terre glaise qui était utilisée pour fabriquer des tuiles jusqu'à ce que Catherine de Médicis achete le terrain pour en faire un parc et ainsi embellir la vue qu’elle avait de son palais des Tuileries. Et parce que le fleuve décrit un léger méandre après le pont Royal, le palais des Tuileries et son jardin ont été décentrés du plan du palais du Louvre pour suivre la berge (car les murs de la vieille ville les séparaient au milieu du XVIe siècle). C’est pourquoi, lorsqu’on les regarde à partir des Champs-Élysées, la place de la Concorde et le jardin des Tuileries ne sont pas tout à fait sur le même axe que le palais du Louvre. Amélioré davantage par André Le Nôtre (créateur du 'jardin à la française' qui a beaucoup travaillé pour Louis XIV, notamment à Versailles) un siècle plus tard, le jardin des Tuileries est devenu un lieu très en vogue chez la bourgeoisie tout comme la famille royale. C’est encore un ravissement, surtout à partir de l’allée centrale, mais bien qu’il y ait toujours un bassin octogonal et des arbres parfaitement taillés, le paysage a considérablement changé au cours des siècles.
Faisant partie des fortifications que Louis Auguste avait construites autour de la ville (1190-1210), le Louvre était en fait une forteresse de style gothique (située à l'extérieure du mur à l’emplacement actuel de la cour Carrée à l’est), et est devenu la résidence royale seulement après que le mur d'enceinte a été reconstruit plus loin. Quand Charles V a consolidé les murs extérieurs de la ville en raison d’attaques répétées des Anglais pendant la guerre de Cent Ans, ils traversaient la place du Carrousel à côté de l’arc de triomphe actuel (où les tournois de joute avaient lieu à l’origine). On trouve encore des vestiges de ces murs et donjons sous terre dans le nouveau Carrousel du Louvre. Le palais du Louvre a été entièrement reconstruit au XVIe siècle lorsque François Ier a fait déménagé sa cour de la Loire pour Paris. Il a chargé Pierre Lescot de moderniser le palais dans le style du moment, le style Renaissance, et au fil des années, jusqu’à l’époque de Napoléon III, des améliorations et des extensions ont été faites à ce qui allait bientôt devenir le palais le plus impressionnant d’Europe. Cependant, Henri IV était le dernier monarque à habiter le palais du Louvre (et le seul monarque a y décéder) car les rois et empereurs qui lui ont succédé préféraient le palais des Tuileries datant du XVIe siècle, construit par Philibert Delorme pour Catherine de Médicis (qui détestatit le palais des Tournelles après la perte de son mari lors d'un accident en 1559). De plus, peu de temps après que Lefuel avait fini de travailler sur la construction du pavillon de Flore en 1865, achevant la connexion entre le Louvre et le palais des Tuileries, ce dernier a été incendié pendant la Commune de Paris, et l’architecte a dû réparer les dommages sur les deux pavillons nord et sud et les a remis en l’état que nous connaissons maintenant. Il est dommage que nous ne puissions plus voir cet ancien palais, qui comptait parmi les plus luxueux (il traversait autrefois les jardins entre le pavillon de Flore et le pavillon de Marsan, et entre l’avenue du Général Lemonnier et l’arc du Carrousel, en face du pont Royal). Ce palais était également riche en histoire, étant associé au renversement de la monarchie après la Révolution (1792) et la résidence de-facto du chef de l'état à partir de la règne de Napoleon Bonaparte jusqu'à la Commune.
Le petit arc de triomphe du Carrousel a été rajouté par Napoléon Bonaparte en 1806 pour commémorer la victoire d’Austerlitz qui avait eu lieu un an plus tôt. Bien que situé là où se trouvait la guillotine en 1792-93 jusqu'à son transfert à la Place de la Concorde, il devait normalement servir d’entrée au palais des Tuileries, édifié à l’intérieur de sa cour fermée. Maintenant que le palais des Tuileries n'est plus, il fait office de portail du Carrousel du Louvre, un complexe moderne où l’extension occupée par le musée du Louvre est devenue une sorte de toile de fond architecturale pour les pyramides de Pei, au-dessus et en dessous de la surface. Tout comme pour le grand Arc de Triomphe à l’Étoile, avec lequel il est aligné sur un axe qui a certainement inspiré Haussmann (malgré le fait qu'à son époque les arcs étaient autrefois cachés l’un de l’autre par le palais des Tuileries), ce plus petit triple-arc est basé sur le modèle romain (les arcs de Septime Sévère et de Constantin à Rome). Vous remarquerez peut-être en passant que l’arche est aussi le piédestal d’une sculpture représentant des chevaux et un char majestueux que Napoléon avait jadis pris en affection lorsqu’il l’a vue à Saint-Marc à Venise, et l’a ramenée dans son butin de guerre après le succès de sa campagne en Italie en juillet 1798. Elle a été restituée par la suite et remplacée par la sculpture actuelle de Bosio.



Join the
Association des Amis du Salon d'Automne de Paris

Stargonaut
On-Line Gallery
Browse the rooms like in real life and discover contemporary artists
Art Lovers' Paris